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Le « petit train » du temps passé

Voilà bien une époque que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître ! L’île de Ré en ce temps-là accrochait son quotidien sur des cartes postales couleur sépia. Une époque révolue depuis bien des marées d’équinoxe. Ou alors dans les souvenirs nostalgiques de ceux qui leur ont raconté. Il y a bien longtemps, avant le pont, avant le ballet incessant des voitures et le murmure des pistes cyclables, l’île de Ré respirait au rythme d’un petit train. Oui , un petit train sur l’île de Ré avec ses gares villageoises et son rythme lent , comme la vie de l’époque.
On l’appelait affectueusement le « p’tit train » ou le « tortillard ». De Sablanceaux aux Portes-en-Ré, sur plus de trente-six kilomètres de voie étroite, il cheminait lentement, presque tendrement, à travers les villages, les marais salants et les champs de vignes. Le sifflement de sa locomotive, les coups de sifflet pour croiser les charrettes sur les portions de route, le grincement des rails… tout cela formait la musique familière de l’île. Une jolie petite cantate du train-train de cette vie rétaise qui s’écoulait comme les marées .
Les Rétais montaient à bord pour le marché, pour rendre visite à un parent, pour accompagner le sel vers les ports ou le vin vers les distilleries. Les enfants collaient leur nez à la vitre, fascinés par le paysage qui défilait à vingt ou trente kilomètres à l’heure : les toits blancs et les volets verts, les églises pointues, les oies bernaches , lorsque l’hiver pointait, au loin dans le Fier d’Ars. Il y avait l’odeur de l’iode et de la terre chaude.
À Saint-Martin, la capitale, on faisait une pause pour retourner la locomotive. Le temps n’avait pas encore pris ses ailes. Le sablier des plages s’écoulait comme il change de saison. Inexorable.
On racontait des anecdotes : un déraillement sans gravité, des vaches ou des ânes surpris sur la voie, et même, un jour d’Ascension, des escargots si nombreux après la pluie que la machine patina… et que le chauffeur en fit cuire une poêlée sur sa pelle brûlante pour les pompiers !

Puis, peu à peu, les autobus et les camions prirent le relais. Le train ralentit, s’éteignit presque dans les années trente, reprit souffle un moment pendant la guerre, et s’arrêta définitivement en 1947.
Les rails furent arrachés. À leur place, des chemins, des routes, des souvenirs tracés dans les mémoires. Il y eut bien, des décennies plus tard, des projets pour relancer cette vie du rail. Trop cher, trop lent . Les réseaux sociaux ont remplacé celui du tortillard.
Aujourd’hui, quand on traverse l’île à vélo, on croit parfois entendre encore, dans le silence d’un soir d’été, le souffle lointain de la locomotive et le cliquetis régulier des roues. Tout vit encore ici, tout est plein d’âmes. Comme un écho doux et nostalgique d’un temps où l’île de Ré avançait à la vitesse d’un petit train, sans se presser, le cœur léger.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ Le « continent » était loin.

ERE

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La Maline

La Maline à La Couarde-sur-Mer est le lieu culturel emblématique de l’île de Ré qui organise une variété d’événements tout au long de l’année, allant des spectacles de théâtre aux concerts, en passant par des projections de films avec deux salles de spectacles. La plus grande peut accueillir jusqu’à 294 personnes et est utilisée pour des spectacles vivants et des projections de cinéma. La seconde, plus petite avec une capacité de 107 places, est dédiée uniquement aux projections de cinéma.

C’est un centre de rencontre pour les habitants et les visiteurs, un lieu prisé pour se divertir et se cultiver. Les festivals organisés à La Maline attirent des artistes de renom et contribue à dynamiser la vie locale. La Maline a été inaugurée en novembre 1993. Elle a été réhabilitée et rouverte au public en mars 2022 après une importante rénovation.